Katyana, pouvez-vous vous présenter aux afronautes ?

Je m’appelle Katyana De Campos. J’ai 25 ans et je suis métisse d’origine Italo-Béninoise. Je suis née au Sénégal et actuellement, je vis en France.
Depuis votre séjour au Sénégal et de part vos racines africaines, quels aspects conservez-vous jalousement cette culture ?
En fait je suis partie du Sénégal très jeune et j’essaie d’y retourner le plus souvent possible car une partie de ma famille vit là -bas et qu’il est toujours bon de retourner au pays.
Pour ce qui est de ma culture, elle est comme moi : Métissée. Je m’intéresse autant à l’Afrique qu’à l’Italie. Je prends le meilleur de ces deux cultures car cela me permet de m’adapter à tous les milieux et c’est une réelle force. Je conserve de la culture africaine une certaine faculté de rebondir quels que soient les problèmes et de garder le sourire. C’est pour moi un exemple et même plus : Un véritable enseignement.
D’où vous est venue votre passion pour la danse et le théâtre ?
J’ai commencé la danse classique à l’âge de 3ans et tous les arts m’ont toujours passionnée. De plus j’ai appris récemment que dans ma famille il y avait des artistes dont mes deux grand-mères qui chantaient, mon oncle qui peignait des paysages...Mais il y a aussi mon grand frère, Cédric, qui est passionné de musique depuis de nombreuses années et qui compose.
On vous voit aujourd’hui apparaître dans les clips de groupes et chanteurs renommés. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours et sur votre collaboration avec des artistes comme Magic system, 113, Kool Shen et Factor X ?
En fait pour en arriver là , j’ai beaucoup galéré comme la plupart, mais j’ai tenu bon car j’y croyais dur comme fer et j’y crois encore plus à présent. J’ai tout de même connu des moments de grand désarroi mais, avec le clip de Magic system, ma motivation est de nouveau revenue et est au top depuis lors. Après cette collaboration, tout s’est enchaîné . Faire des clips différents (de la pas belle à la bimbo) était ce que je voulais et j’ai pu le réaliser. Je suis très fière car pour moi c’était une sorte d’entraînement pour passer ensuite à quelque chose de plus sérieux : Devenir une vraie comédienne.
Tourner auprès de tous ces artistes était génial et instructif. Mais mon meilleur souvenir reste ma rencontre avec Gohou Michel, la star "des guignols d’Abidjan", qui est réellement très gentil. On peut dire qu’il a le coeur sur la main.
La plupart des clips actuellement diffusés sur les chaînes musicales mettent en avant une image de la femme que certains jugent réductrice. Vous qui êtes dans le milieu, quel regard portez-vous sur cet aspect ? N’avez-vous pas peur parfois du regard que l’on pourrait porter sur vous ?
Il est vrai que l’image de la femme n’est pas souvent flatteuse surtout dans le milieu hip-hop et c’est pour cela que je varie le plus souvent possible de personnages. Pour moi ce n’est qu’un rôle. Qu’on soit dans un clip à la télé, en boite, ou dans la rue, c’est l’homme qui porte le plus souvent un mauvais regard sur la femme...
Vous dansez, vous êtes modèle pour des défilés,vous posez pour des photographes, vous êtes actrice...Finalement, de toutes ces activités, laquelle préférez-vous ?

Je les aiment toutes mais il est vrai que ma préférence va vers le métier d’actrice. Je me sers de la comédie dans tous mes jobs.
Quels sont les obstacles auxquels vous avez dû faire face au cours de vos différents parcours et quels sont les meilleurs souvenirs que vous en gardez ?
Les obstacles, ce sont surtout les critères de beauté pour le métiers de modèle (grande et fine, ce qui n’est pas mon cas). Mais malgré tout, quand on veut on peut ! J’en suis la preuve. De plus je suis très fière de mes photos et je ne deviendrais pas anorexique pour avoir plus de travail.
En ce qui concerne la comédie c’est plus une question de couleur car il est vrai que la plupart des réalisateurs n’écrivent pas forcément des rôles pour des métisses, des blacks...ou alors ce sont des rôles clichés.
Le dernier obstacle mais le plus dangereux est celui des rencontres avec des charlatans qui vous demandent de l’argent et ne vous font pas avancer réellement. Je travaille en free-lance mais je ne suis pas tombée dans ces pièges là quand j’ai commencé.
Avez-vous des projets en cours ? Où vous voyez-vous dans quelques années ?
A présent, j’ai un peu mis en stand by la photo et les clips car j’ai des projets de courts et longs métrages. Comme c’est mon but, le choix est vite fait. Dans quelques années je me vois en train de jouer dans de très bons films et d’essayer de tout faire pour débloquer le statut des gens de couleur dans le milieu artistique. "In cha Allah" comme on le dit si bien.
A votre avis, quels ont été vos meilleurs atoûts pour réussir dans ce milieu ?
La détermination, la motivation, beaucoup de travail et des principes. Essayer, même quand on ne l’est pas, d’être la plus professionnelle possible tout en restant simple (ne pas prendre la grosse tête). Car être mignonne ne suffit pas !!
Quels sont vos secrets pour garder la ligne ?
La danse et j’essaye d’avoir une alimentation équilibrée. Je mange beaucoup de fruits aussi, j’adore ça.
Quels conseils donneriez-vous aux afronautes qui souhaiteraient suivre votre parcours ?
Beaucoup de travail, ne pas se contenter de ce qui est plus ou moins acquis. Rester motivée et faire attention aux charlatans. Renseignez vous sur les personnes que vous rencontrez. Si vous avez une bonne intuition, utilisez- la , ça peut être un plus dans votre choix final.Restez simple quoi qu’il arrive.
L’équipe d’Afroplurielles vous remercie et vous souhaite bonne continuation, Katyana.
Le site de Katyana : monsite.wanadoo.fr/k-tyana